-
-
-
SMS
Rumeur (2008)
« Est-ce l’avenir des contre-pouvoirs que de cracher en l’air avant d’être rappelés à l’exigence élémentaire de probité ? », interroge Carla Bruni le 19 mars 2008 dans Le Monde. Le point de départ de cette tribune, la rumeur d’un SMS que Nicolas Sarkozy aurait envoyé à son ancienne épouse huit jours avant son mariage avec Carla Bruni, le 2 février 2008 : « Si tu reviens j’annule tout. » Si l’affaire a fait si grand bruit, au-delà du côté people, c’est qu’elle replace au centre du débat des questions d’éthique journalistique. À l’heure où Internet entraîne les médias dans un nouveau rythme, elle pose la question de la validité d’une information dans un paysage brouillé par les on-dit et les déclarations en off. Tenue au scoop en temps réel, l’économie du clic peut-elle encore s’offrir le luxe du recoupement des faits ? Quand le chef de l’État porte plainte au pénal contre « faux, usage de faux et recel », l’association Reporters sans frontières regrette que « Nicolas Sarkozy ait choisi la voie la plus dure pour attaquer en justice. Il aurait très bien pu engager des poursuites civiles pour atteinte à la vie privée ». Entendu lors de l’enquête policière ouverte par la justice, Airy Routier, l’auteur de l’article, reconnaît ne pas avoir eu entre les mains le SMS en question. Il maintient cependant la véracité de son information sur la foi de « sources verbales fiables ». De son côté, Cécilia Ciganer-Albeniz, la destinataire supposée, avoue ne pas avoir reçu de SMS. Après une lettre d’excuse du journaliste à Carla Bruni-Sarkozy, le président retire sa plainte le 16 mars. « Ce qui est malhonnête et inquiétant dans cet épisode, c’est qu’à aucun moment “l’information” n’a été vérifiée, recoupée, validée », conclut Carla Bruni-Sarkozy, épinglant les « ragots » et les « quelqu’un m’a dit ».
-
entrée précédente
Simpson
-
entrée suivante
Sœur Sourire
English




























