Scarpitta (Jean-Paul)
Metteur en scène d’opéra / Membre du comité exécutif de la Fondation
Chez Jean-Paul Scarpitta, tout part de rencontres. À 14 ans, il croise la route de la danseuse étoile Ghislaine Themar. Il l’applaudit, la filme, la suit à New York au City Ballet de George Balanchine. Puis, il y a le metteur en scène Giorgio Strehler, connu à l’Opéra de Paris. À 19 ans, le jeune étudiant en Histoire de l’art et Art dramatique monte un festival de musique et de danse dans la cour du palais synodal de Sens. Dès lors, Jean-Paul Scarpitta ne cessera d’accompagner ses artistes fétiches à travers tous les médiums d’expression à sa disposition, d’une série de 37 portraits pour la télévision (Liv Ullmann, Charlotte Rampling, Rudolf Noureev…) à la réalisation de longs métrages (Désir (1985) avec Marisa Berenson et Ghislaine Thesmar ; La Malaimée (1995) écrit avec le scénariste de François Truffaut, Jean Aurel) en passant par une exposition pour les 60 ans du magazine Vogue (il se lie alors d’amitié avec Richard Avedon), sans oublier la mise en scène d’opéras à laquelle se consacre désormais pleinement cet artiste pluridisciplinaire : d’une Médée avec Fanny Ardant à un Jeanne d’Arc au bûcher avec Sylvie Testud (2005) en passant par un Œdipe roi (Stravinsky) avec Depardieu (2003). De « Gérard », avec qui il travaillera à plusieurs reprises, Scarpitta dit : « Il hisse l’autre à son propre regard en lui disant : « Tu as autant de valeur que moi. » Il pourrait être missionnaire. » Missionnaire, Jean-Paul Scarpitta l’est aussi, à sa manière. Durant quinze ans, il s’est occupé de la Fondation Armand Hammer à Paris et à Londres, octroyant des bourses à de jeunes étudiants issus de milieux défavorisés (« Sur le conseil de Danielle Mitterrand, nous contactions des lycées de villes de gauche comme de droite »). « J’ai eu la chance de grandir dans une famille extraordinaire. Nous étions cinq enfants. Même si j’ai poussé différemment, j’étais autant adoré. Incompris, mais aimé. Je me souviens de m’être éveillé par les lectures. J’étais investi dans mon piano, mes pensées. Je ne travaillais pas bien à l’école. Je ne pensais qu’à fuir les autres et grimper aux arbres. J’étais très contemplatif, avec toujours la musique, aussi bien Françoise Hardy, France Gall, que les Beatles, les Rolling Stones, Schubert, Beethoven et Mozart. Mon « compagnon ». Petit à petit, je me suis installé dans la mise en scène lyrique. Ça m’a ouvert la tête, m’a fait comprendre à quel point il fallait se débarrasser de soi, à quel point le narcissisme pouvait être dangereux », confie Jean-Paul Scarpitta. Prochaines créations « Nabucco » de Verdi en mars 2011 à l’Opéra de Rome sous la direction de Riccardo Muti et en juin « Manon Lescaut » de Puccini à l’Opéra National de Montpellier .




























