Sakineh (Mohammadhi-Ashtiani)

Femme iranienne condamnée par un tribunal arbitraire à la lapidation pour adultère / Soutien de Carla Bruni-Sarkozy (24 août 2010)

« Répandre votre sang, priver vos enfants de leur mère, mais pourquoi ? Parce que vous avez vécu, parce que vous avez aimé, parce que vous êtes une femme, une Iranienne ? Tout en moi se refuse à l’accepter. » Le 24 août 2010, Carla Bruni-Sarkozy publie, sur le site La Règle du jeu, une lettre garantissant son soutien à Sakineh Mohammadi Ashtiani : « Du fond de votre cellule, sachez que mon mari plaidera votre cause sans relâche et que la France ne vous abandonnera pas. »

Accusée d’adultère et de complicité de meurtre contre son mari, Sakineh Mohammadi Ashtiani est emprisonnée en 2006, à Tabriz, au nord-ouest de l’Iran. Un simulacre de procès la condamne à mort pour des « crimes » avoués sous la torture — la sentence a été prononcée dans une langue que l’accusée ne comprenait pas ! Alors que les autorités iraniennes l’avaient lavée de tout soupçon de meurtre, le régime diffuse, le 11 août 2010, dans une émission de grande écoute, un témoignage visant à semer la confusion dans les médias : présentée comme étant Sakineh Mohammadi Ashtiani, une femme recouverte d’un tchador noir qui ne laissait voir que son nez et un de ses yeux se livrait à de prétendus aveux sur sa culpabilité.

Un vaste mouvement de soutien se fait jour partout dans le monde : manifestations, pétitions, mobilisations des organisations de défense des droits de l’homme, déclarations de personnalités politiques (la secrétaire d’État américaine Hilary Clinton), proposition d’asile politique de gouvernement (Brésil).

Publiée parallèlement sur le site des journaux Libération, Elle et du Huffington Post, la lettre de Carla Bruni-Sarkozy s’ajoute aux messages de Valéry Giscard d’Estaing, Bertrand Delanoë, Ségolène Royal ainsi qu’aux multiples signatures de personnalités du monde entier telles que Élisabeth Badinter, Juliette Binoche,  l’artiste iranienne Sussan Deyhim, Mia Farrow, Bob Geldof, Milan Kundera, Bernard-Henri Lévy, Patrick Modiano, la dessinatrice d’origine iranienne Marjane Satrapi, Jorge Semprun, Simone Veil…

En octobre 2011, la pétition lancée par La Règle du jeu avait recueilli 172 284 signatures.