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    Fondation Carla Bruni-Sarkozy

    Révélations Lancôme : Interview d’un élève boursier

    Hugo Rousset
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    Révélations Lancôme : Interview d’un élève boursier

    Hugo Rousset est un des 56 boursiers du programme Révélations Lancôme de tutorat artistique de la Fondation.

    Après un bac général et technique en filière artistique, cet élève du lycée Rive Gauche à Toulouse (quartier du Mirail) a intégré l’ENSAD (École nationale supérieure des arts décoratifs) à Paris où il est actuellement en deuxième année spécialisation Scénographie.


    Au lycée Rive Gauche

    Je n’ai pas grandi dans le quartier du Mirail, mais à Gaillac, dans le Tarn. Deux lycées se faisaient concurrence à Toulouse, le lycée des Arènes, qui prépare à des BTS en audiovisuel et en arts plastiques et arts appliqués, et le lycée Rive Gauche, un lycée polyvalent qui compte des bacs pro et une filière générale et technique. Je me suis rendu aux portes ouvertes et c’est celui que j’ai préféré. Bien que près du périphérique, il m’apparaissait plus calme, plus tranquille, plus adapté à un cadre de travail — et j’ai découvert par la suite, qu’il y avait les meilleurs profs. Dès la classe de seconde, j’ai eu huit heures de cours par semaine en arts appliqués, puis ce fut seize heures en première et enfin vingt-quatre heures en terminale. Il s’agissait de recherche appliquée, d’études de cas, d’expression plastique, d’histoire de l’art et de représentation conventionnelle.

    Bourse de la Fondation

    Quand j’étais en terminale, les professeurs ont pu disposer d’une bourse de la Fondation qu’ils ont pu utiliser selon leur choix. Ils ont financé une série de cours de nus puis un workshop avec deux artistes intervenants, des designers papier, qui nous ont enseigné les techniques de pliage pour les livres pop-up (livres en 3D). Pour beaucoup d’élèves, c’est une technique qui leur sert encore et qu’ils n’auraient pas pu apprendre autrement. Puis, j’ai pensé présenter deux concours, l’école La Cambre (école nationale supérieure des arts visuels) à Bruxelles et les Arts déco à Paris. J’ai été pris à l’ENSAD. Donc, je n’ai pas présenté La Cambre. Ma mère est médiatrice culturelle et graphiste et mon père est directeur technique dans un théâtre. Ayant baigné dans un univers artistique et culturel, je savais donc déjà ce que je voulais en entrant aux Arts déco : de la scénographie. Beaucoup d’autres se découvrent au fur et à mesure du cursus. La Fondation a continué à m’accompagner. En 2010, j’ai eu une bourse pour ma première année à l’ENSAD. Et j’en attends une autre pour l’année 2011. Je la gère comme je l’entends. J’ai décidé que ce serait pour l’achat de livres et de matériel.

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    Vêtement articulé

    Paris

    Je commence à m’y habituer. C’est une ville qui fonctionne sur le travail. Sans statut, on est vite évincé. Mais c’est une ville passionnante, abondante. Tout devient possible. Je suis en colocation avec deux amies qui étudient en écoles d’art, à Olivier-de-Serres pour l’une et à Estienne pour l’autre. Avec une autre amie, Nina Barrois, nous pensons à monter un collectif artistique avec des musiciens, des écrivains. Car, pour moi, la scénographie est encore très théorique. J’attends beaucoup d’en connaître les bases pour savoir comment conjuguer l’analyse d’une pièce et la construction d’un décor. Comment en faire ressortir une matière. Comment rendre une histoire palpable. Tout m’influence donc, les artistes plasticiens, les comédiens, les écrivains. En ce moment, par exemple, je lis D’un Château l’autre de Céline. Même là, je pioche. La manière dont il exprime sa violence à travers les mots est passionnante. Je pourrais citer aussi Philip K. Dick, un écrivain si visionnaire, des créateurs comme Christian Lacroix, Yves Saint Laurent ou des artistes comme Christian Boltanski.

    Le métier de scénographe

    Pour l’instant, la scénographie c’est essentiellement le théâtre, le cinéma et l’événementiel, mais je pense qu’elle est vouée à s’extraire de ces carcans. De la même manière qu’il existe aujourd’hui des designers interactifs et des architectes des villes jouant sur des masses de populations, le métier de scénographe devrait beaucoup évoluer. À l’ENSAD, après mon master (5 ans), je voudrais approfondir mes connaissances par l’ENSAD Lab, qui sont deux années de recherche. Je travaille de plus en plus avec les sciences (mathématiques, physique) et je programme beaucoup aussi. Je suis conscient de devoir apprendre aujourd’hui mon métier de demain. Quelle sera l’utilisation de l’ordinateur dans quarante ans ? C’est tout cela que je dois apprendre maintenant. Ce temps de recherche, c’est aujourd’hui que je peux l’avoir.

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