Accueil > Programme d’échange
Français /  English

    • La Fondation
      • Mot d’accueil
      • Présentation
      • Programmes
      • Partenaires
      • Actualités
      • Lettre d’information
      • Comptes
      • Galerie
      • Contact
    • Les activités officielles
      • Introduction
      • Repères
      • Actualités
      • Galerie
      • Ecrire à la Première dame
    • La protection des mères et des enfants contre le sida
      • Mot d’accueil
      • Faits et chiffres
      • Traitement
      • Mobilisons-nous
      • Partenaires
      • Actualités
      • Galerie
    • A à Z
    • Contact
    • Plan du site
    • Informations légales
    • Restez informé
    Archives

    Programme d’échange

    Programme d’échange
    laurence1-236x221

    Programme d’échange

    Rencontre avec les premiers boursiers du programme d’échange franco-américain de la Fondation

    En ce mois d’août, les premiers étudiants bénéficiaires du programme d’échange franco-américain de la Fondation vont partir à New York. Nous avons proposé à quatre d’entre eux, étudiants aux Arts déco et à l’École nationale supérieure de création industrielle à Paris, en partance pour la School of Visual Arts et le Fashion Institute of Technology à New York, d’échanger leurs points de vue sur cette première édition du programme boursier. Ils ont 25 ans. Pendant un semestre, photographe, apprenti scénographe, étudiante en création textile et étudiant en architecture intérieure, ils vont chacun étudier dans les plus prestigieuses écoles américaines : voici leurs propos et impressions restitués, accompagnés de reproductions de leurs œuvres.

    trans-490

    Dans quelques jours, vous partez à New York dans le cadre du programme d’échange franco-américain de la Fondation Carla Bruni-Sarkozy. Qu’attendez-vous de ce voyage d’études aux États-Unis ?

    Camille P. : Moi, je suis en scénographie aux Arts déco (ENSAD, École nationale supérieure des Arts décoratifs). New York, je n’y vais pas dans l’optique d’un apprentissage précis, mais pour m’ouvrir à autre chose, préciser des envies, une manière de travailler. A priori, ce devrait être assez différent. L’enseignement semble plus libre. Je vais donc en profiter pour développer un travail personnel et revenir, au terme de ce semestre, avec un apport supplémentaire et qui m’offre plus de recul.

    Cette distance est-elle nécessaire pour effectuer ce travail de recul ?

    Être avec des gens d’une culture différente amène forcément à une autre vision des choses. A priori, artistiquement, ils n’ont pas le même fonctionnement. L’approche doit être moins dans la réflexion profonde que dans l’école où je suis en France.

    Martin G. : Aux Arts déco, on est plus dans la réflexion profonde ?

    Camille P. : Oui, dans ma section, on produit peu, un sujet par semestre. Parfois, cela engendre une frustration, même si cela débouche sur un sujet plus précis et sur le long terme. J’ai l’impression qu’à New York, à la School of Visual Arts, je serai dans une cadence plus rapide.

    etudiants_boursiers1-x490

    Vous, Audrey, dans votre lettre de motivation, vous parliez d’une pratique aux États-Unis que vous ne trouviez pas forcément en France…

    Audrey B. : Je parlais plus d’une approche différente du textile. À l’ENSCI (École nationale supérieure de création industrielle), dans ma section, on traite à la fois le textile de mode et d’ameublement, mais la formation reste basée sur les techniques de production sans appréhender réellement ces domaines d’application. J’ai d’abord passé un diplôme en design produit. Du coup, j’ai trouvé cette complémentarité entre le textile et l’objet par rapport à l’ameublement, chose que je n’ai pas forcément du côté de la mode et de l’habillement. En cela, le FIT (Fashion Institute of Technology) serait complémentaire, avec une formation plus créative, liée à la tendance, à toute une culture de la mode ce qui me permettrait d’aborder le textile dans sa globalité et, pour la suite, de pouvoir faire des choix entre mode et objet, ou bien de combiner les deux.

    marting-x493

    Quant à vous, Martin, vous allez à la School of Visual Arts…

    Martin G. : Je suis aux Arts déco, section Architecture intérieure. Je pars en section Interior Design. Je ne sais pas trop ce qui m’attend là-bas, concrètement, en termes de projet. Je ne m’attends qu’à l’inconnu, et c’est cela qui me plaît, une nouvelle façon d’appréhender mes travaux. À partir de là, tout ce que je vais rencontrer sera bénéfique…

    Vous allez également à la School of Visual Arts…

    Melvyn B. : Oui, en photo. Ce que j’attends ? En fait aux Arts déco, pendant quatre ans, on se retrouve dans un même cadre enseignant. J’attends donc une autre façon d’aborder la photo. Les États-Unis, c’est aussi une autre forme d’éducation. Depuis l’enfance, ils sont élevés différemment. Il y a beaucoup de bonnes choses à en retirer, complétant ce que nous apportent nos cursus en France.

    Camille P. : De tous les descriptifs de l’école, il se dégage une approche plus professionnalisante. Ce qu’on a peu à Paris. Ils essaient de mettre en lien avec des galeristes, des professionnels de chaque section, pousser à être indépendant pour la vie active ensuite. Moi, à Paris, j’ai l’impression d’être dans un cocon. Ici, quand on a obtenu un diplôme, on a l’impression d’être lâché dans la nature sans forcément, en tout cas en scénographie, avoir beaucoup d’expérience.

    Melvyn B. : À New York, on apprend davantage à évoluer dans un milieu professionnel… Avant l’ENSAD, j’ai passé un BTS de monteur. Maintenant, je sais faire du montage, j’ai appris à en vivre. L’ENSAD nous permet une très grande ouverture d’esprit  mais on ne m’y apprend pas à aller vendre mon travail…

    Audrey B. : Au FIT, il y a des intervenants et des workshops. Vous en aurez aussi ?

    Martin G. : Sur le site de la SAV (School of Visual Arts), ils expliquent que les professeurs ont l’habitude d’employer leurs élèves, plus comme des salariés que des stagiaires. Alors, peut-être qu’ils ne le font pas dès la première année, mais ils n’attendent pas la cinquième année. J’espère bien profiter de ce séjour pour faire un stage.

    Pour revenir à votre formation initiale, y a-t-il eu des déclencheurs qui vous ont encouragés dans la voie que vous avez choisie en France ?

    Audrey B. : Je faisais du design produit. Au fur et à mesure, peut-être inconsciemment, je sentais qu’il se dégageait une sensibilité textile de mes productions, que ce soit dans ma façon d’appréhender l’objet, ou dans le choix des matériaux. Donc, je me suis dit qu’il serait intéressant d’avoir une double formation pour conjuguer les deux, et l’ENSCI textile m’a semblé être la meilleure option. Avec mon DSAA en design produit, qui est une formation assez conceptuelle, la pratique et l’apprentissage technique à l’ENSCI me permettaient de faire le pont.

    Melvyn B. : Moi, je ne me voyais pas faire autre chose. Mon rapport au monde, c’est la photo, la vidéo, tout ce qui est visuel. Je ne sais pas « écrire », ce ne sont pas les mots ou les chiffres qui permettent de m’exprimer. Mais j’ai eu la chance d’être élevé dans un milieu qui était favorable à cet environnement. Car il y a les envies, mais pas uniquement… C’est toujours plus facile lorsque l’on est encouragé par sa famille. D’ailleurs dans les écoles d’art, beaucoup d’élèves ont des parents, ou une famille, déjà dans le milieu.

    Camille P. : Plus jeune, j’ai fait beaucoup de maquettes. Mais j’étais dans un lycée, à Paris, où les filières artistiques n’étaient pas valorisées. C’était très maths. Après le bac, j’ai fait du Droit… Il y avait aussi la question pragmatique : les études d’art, c’est voué à l’échec. Du coup, en troisième année de Droit, j’ai décidé d’arrêter. Je ne me voyais pas continuer ; à 30 ans, j’aurais craqué. Et j’ai repris à zéro. Je me suis orienté vers la scénographie, car cela touche plusieurs domaines, l’art contemporain, etc. Aux Arts déco, c’est assez cloisonné entre l’espace, l’image et l’objet. Je voulais me concentrer sur l’espace. C’est une réflexion qui permet d’aboutir à un objet ou une installation à partir d’un texte.

    Faut-il être à Paris pour faire des études d’art ?

    Audrey B. : Pas forcément, en tout cas pas tout de suite. J’ai grimpé petit à petit, en suivant la ligne Corail Téoz Clermont-Ferrand—Paris. Je venais de Vichy. À Moulins, j’ai passé mon BTS Design Produit ; à Nevers, mon DSAA. Puis, je suis arrivée à Paris. Il y a de très bonnes écoles en province, mais c’est à Paris que l’on peut s’épanouir. Il y a des tas de galeries, des musées. C’est important dans le domaine de la création… Il y a les rencontres aussi.

    Melvyn B. : Pour avoir connu les deux, je suis ravi de l’enseignement que j’ai reçu à Bayonne, malgré le fait que je ne me sois pas senti encouragé dans toutes mes initiatives. À un moment, le passage par une grande ville, Paris ou une capitale européenne, me semble nécessaire.

    Martin G.: Moi, je viens de Bretagne, où il n’y a pas vraiment d’écoles d’arts appliqués. Les rares qui s’y trouvent sont privées. J’ai eu la chance d’être accepté à Paris, où toutes les bonnes écoles, celles qui sont cotées, se trouvent.

    Les études, c’est un lieu. Vous êtes-vous renseignés sur New York par rapport à vos centres d’intérêt ?

    Audrey B. : Oui. New York est une des capitales de la mode, sous une autre forme, une autre dimension, en plus grand. Tout y est démesuré.

    C’est un point de départ ?

    Martin G. : Déjà, pour améliorer ses compétences linguistiques… Ensuite, sur un CV, cela peut faire la différence. C’est une sorte de tremplin ou de… trampoline. De trampoline ?

    À votre guise… Dans votre lettre de motivation, vous parliez, Martin, du coût que représente un tel voyage, et que vous n’auriez pas pu vous payer sans une aide extérieure…

    Effectivement. Six mois de vie à New York, c’est 12 000 dollars — hors frais de scolarité. Est-ce que j’aurais pu assumer seul une telle somme ? Ça aurait demandé en tout cas un sacrifice, ou un emprunt.

    Audrey, vous avez contracté un prêt pour vos études à Paris. C’était une décision de votre part ?

    Audrey B. : J’en avais parlé à mes parents. Mon père est employé de banque, et il m’a dit qu’effectivement c’était une solution.

    Martin G. : Mais j’imagine que cela a une incidence sur les premiers boulots à la sortie de l’école : on ne choisira pas les plus intéressants mais ceux qui permettent de rembourser le plus rapidement le prêt.

    Camille P. : À la sortie de l’école, que tu aies un emprunt ou pas, tu as envie de gagner de l’argent…

    Melvyn B. : Mais tu ne t’engages pas forcément pour la même chose. Entre vivre avec peu et avoir déjà un crédit sur le dos, il y a une différence.

    Quelle est l’économie de l’étudiant en école d’art, de votre point de vue ?

    Camille P. : Ma mère habite Paris. J’ai cette chance. Je vis chez elle. Je n’ai donc pas de problème de logement, même si j’ai très envie de partir. J’y pense en permanence. Mais je ne peux pas y faire face pour l’instant, même en travaillant à côté.

    Melvyn B. : Même chose pour moi : ma mère a emménagé à Paris. On a la chance d’être dans des écoles publiques — de toute manière, une école privée n’était pas envisageable pour moi. Mais pour les élèves qui sont obligés d’avoir un travail alimentaire en plus des cours, j’ai constaté que cela devenait difficile.

    Audrey B. : Ce qui est dur, c’est de faire la coupure, alors que tu es en pleine réflexion sur un projet. Je fais du baby-sitting. C’est un temps pris sur l’école, qu’on est obligé ensuite de rattraper. Ce sont des soirées, des week-ends passés à l’école.

    Melvyn B. : Moi, je fais du montage à côté, donc c’est plus facile que du baby-sitting, car c’est payé 200 euros la journée. Mais, intellectuellement, c’est difficile d’être dans un boulot où on doit travailler « bêtement » pour de l’argent, puis de se remettre en réflexion. Ce va-et-vient est éprouvant, car ce sont deux mondes qui s’opposent.

    Martin G. : Nous avons été choisis pour ce programme, entre autres, parce que nous sommes boursiers. Mais il faut voir le nombre de boursiers : aux Arts déco, nous sommes aux alentours de 20 %. C’est relativement peu.

    Camille P. : Les études d’art, c’est risqué, a priori. D’autre part, nous sommes assez gâtés. Nous sommes parmi les étudiants les plus coûteux pour le contribuable. Il reste que les personnes ayant peu d’argent sont rares à se lancer. Si je l’ai fait, c’est parce que je pouvais rester chez ma mère. Je n’avais pas le problème d’avoir un salaire dans l’immédiat.

    Y a-t-il un déterminisme social à se lancer dans des études d’art ?

    Camille P. : C’est plus une question d’éducation. Mes parents n’étaient pas dans le milieu artistique.

    Audrey B. : Oui, d’ouverture d’esprit. Je sais que ma grand-mère était très attirée par le milieu artistique. Elle m’a transmis cela et mes parents étaient réceptifs.

    Martin G. : Sans être dans le milieu, et en sentant même une inquiétude de leur part, ce qui a été déterminant, c’est qu’ils me laissent la liberté d’y croire.

    Camille P. : Pour toutes les études longues, c’est le même problème : cinq ans minimum. Quand on n’a pas les moyens, on se contente d’un cursus de trois ans…

    Dans ce cas, la priorité, c’est de gagner de l’argent le plus vite possible. Mais il faut aussi s’autoriser à penser à un métier… qu’il faut connaître… S’autoriser à aller vers son désir… C’est ça aussi qui est difficile…

    Martin G. : Tu parlais, Camille, du plaisir que tu avais à faire des maquettes. Alors, oui, c’est de pouvoir se dire, le jour où on s’interroge sur son avenir : Je peux vivre de ce que j’aime faire. Les filières ne sont pas toujours valorisées. J’ai dû aller au CDI chercher des documents. Et quand j’annonçais mon envie aux profs, ils me toisaient d’un « Salut l’artiste » ! Pourtant, ce sont des métiers concrets qui ont leur place dans le système…

    Camille P. : Et où tu peux bien gagner ta vie aussi. J’ai eu mon bac en 2002. Pendant trois ans, au lycée, on nous a répété : Attention au chômage ! Le flip total. Tu voulais être architecte, découragement immédiat de la part des profs. C’était soit ingénieur, soit dans le commerce. J’ai donc fait une prépa HEC, avant mon Droit. Peut-être que dans mon cas, si je n’avais pas eu ce background, fait ces erreurs, je ne serai pas allé aux Arts déco…

    Melvyn B. : Il n’y a pas une ligne droite avec un point d’arrivée déterminé. Il faut laisser le champ ouvert. Il y a des portes, il faut choisir celles qui semblent le mieux pour nous. Avant les Arts déco, je ne faisais pas de photo. Ça m’a attiré, mais je n’ai pas fermé les autres portes pour autant.

    Camille P. : Voyager, c’est aussi une chance. New York, c’est une opportunité…

    Melvyn B. : … une des portes qui se présente à nous.

    Martin G. : C’est une mentalité bien française. Dans les pays anglo-saxons, les étudiants partent souvent un an à l’étranger. En France, c’est une perte de temps ! Pourtant, aussi bien sur le plan personnel que professionnel, cela ne peut être que bénéfique. Mais dites à vos parents que vous faites le tour du monde pendant un an. Réaction : Qu’est-ce que c’est que ce touriste ?

    Dans ce cas, les partenariats public-privé, ce genre de mécénat avec la Fondation, peuvent aider…

    Melvyn B. : Nous en bénéficions, nous ne sommes donc pas très objectifs là-dessus. C’est un label aussi, et est-ce qu’on ne va pas être considérés comme faisant partie de la Fondation Carla Bruni-Sarkozy ?

    Vous avez le sentiment d’être instrumentalisé ?

    Non, pas du tout ! Mais ce n’est pas neutre, il s’agit de la Première dame de France. Je ne sais pas comment ça peut être interprété.

    Camille P. : Ce n’est pas uniquement au mérite que la sélection est faite, les critères sociaux restent principalement pris en compte.

    Martin G. : Non. Sur les documents de la Fondation, il est stipulé que c’est à la fois au mérite et pour les étudiants dans le besoin. C’est plutôt le fait d’être dix et de venir avec le label Première dame de France…

    Audrey B. : Oui, comme un gage de respectabilité, qui a d’ailleurs eu un effet « recommandation ». Je ne sais pas pour vous, mais je n’ai même pas eu besoin d’envoyer mon book à la FIT !

    Martin G. : Sur le site de la School of Visual Arts, notre venue est déjà annoncée. D’où une légère pression : il ne s’agit pas de décevoir, vis-à-vis de nous, de la Fondation et de l’école qui accueille. Si c’est pour voir quatre touristes arriver…

    • Contact
    • Plan du site
    • Informations légales
    • Restez informé