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    Programme Lancôme à Beaubourg

    Programme Lancôme à Beaubourg
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    Programme Lancôme à Beaubourg

    Samedi 22 mai, des élèves du lycée Édouard-Branly, à Dreux (Eure-et-Loire), découvraient, dans le cadre du programme Révélations Lancôme, l’exposition que le Centre Georges-Pompidou (Paris) consacrait à Patrick Jouin, commentée par le designer en personne.

    « Il ne faut pas avoir peur : chacun de nous a une sensibilité, qu’il a plus ou moins enfouie. C’est un moteur universel, qui n’attend qu’à s’exprimer. Il faut dessiner », conseille Patrick Jouin à quelques élèves du lycée Édouard-Branly, venus découvrir l’exposition que le Centre Georges-Pompidou consacrait ces jours-ci au designer.

    Le 3 mars dernier, dans le cadre du programme Révélations Lancôme, Patrick Jouin avait déjà fait partager son expérience aux lycéens de Dreux. Ces élèves en filière scientifique, qui se destineront pour certains à intégrer des écoles d’art, Patrick Jouin les avait alors invités à venir visiter son exposition à Beaubourg. Quelques semaines plus tard, ils ont pris le bus et ils sont bien là, élèves de première et de terminale, à l’heure du rendez-vous (15 heures), sur le parvis du Centre Pompidou.

    Le nom de Patrick Jouin ne fait peut-être pas les manchettes des gazettes, mais ses réalisations sont connues de chacun. Les quatre cents sanisettes que l’on trouve à Paris, c’est lui. Les bornes Velib’, lui, à nouveau. La boutique Van Cleef & Arpels place Vendôme, c’est encore lui. Dans deux jours, il s’envolera pour un autre projet… Pour l’heure, Patrick Jouin, fils d’un artisan et d’une infirmière, né il y a quarante-trois ans à Nantes, explique le chemin qui mène des premiers dessins que l’on fait sur sa mobylette d’adolescent aux cénacles du design. « Mais comment faire ? il y a tellement de monde ! », se décourage déjà un élève. « Il y a beaucoup de demandes aussi, répond Patrick Jouin, encourageant. C’est quelque chose que l’on construit petit à petit. Longtemps, je voyais les vernissages de loin et je me disais que jamais je ne pourrais appartenir au “groupe”. J’ai travaillé et un jour, alors que je n’y pensais plus, j’étais dans le milieu, sans m’en apercevoir. »

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    Patrick Jouin avait un grand frère, qui avait décelé sa sensibilité. Ce frère, qui faisait maraîcher pendant que le jeune Patrick dessinait des tatouages (il avait mis de côté la mobylette), avait proposé à ses parents de lui payer un billet de train pour Paris. « C’était quelque chose, à l’époque… » Première visite au Centre Pompidou, et là Patrick découvre en grand les tableaux de Picasso qu’il ne voyait jusque-là qu’en tout petit dans les livres d’école. Comment savoir que le même musée lui rendrait hommage quelques années plus tard…

    Bientôt diplômé de l’ENSCI de Paris, le jeune homme rejoint l’équipe de Philippe Starck, qu’il quittera pour créer son agence. Rencontre avec Alain Ducasse. Pour le cuisinier, il invente de nouvelles casseroles, quatre ans passés sur un modèle, pour que d’une bonne compréhension des besoins en cuisine découle une nouvelle ergonomie. « Tout le monde a des idées, dit le designer. Nous sommes des milliers à travailler en même temps sur des projets pas très éloignés les uns des autres. Ce qui est important, c’est d’avoir la bonne idée et, surtout, de la réaliser. »

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    À Beaubourg, des dessins montrent les différentes étapes d’un objet, couverts, chaises (la marotte de P. Jouin), qu’on peut presque toucher, car « les objets sont faits pour être utilisés, même lorsqu’ils sont dans un musée. » À ce stade, d’autres visiteurs se sont invités dans la discussion. Ils ont assisté au film projeté dans la première salle de l’expo, qui confronte de manière très didactique les contraintes et exigences d’un designer et de son client, qu’il soit JC Decaux ou Zyken (pour l’accompagnateur de sommeil Nightcove, en 2008). Un projet, c’est parfois aussi un échec, lorsqu’il est refusé. « Mais souvent, ce sont des échecs humains », admet le designer, qui en a fait des cauchemars.

    Au côté de Philippe Starck, Patrick Jouin a appris à aller à l’essentiel. Quand ils ont commencé à travailler ensemble, en 1993, ils s’envoyaient des dessins par fax. Un « lave-idées », dit le designer, car ce type de télétransmission ne supportait pas les fioritures, ombrés, etc. En 1998, Patrick Jouin a monté son équipe, ils sont une quinzaine aujourd’hui. C’est la plus grande fierté du designer. Même les stagiaires sont rémunérés, et certains anciens se trouvent d’ailleurs là, par hasard. Patrick Jouin les salue, mais rappelle bien le sens de sa visite. À un lycéen d’Édouard-Branly qui répond au rituel « qu’est-ce-que tu-veux-faire-plus-tard ? » par un « j’aime le dessin, mais je voudrais faire médecine », Patrick Jouin lui dit « moi aussi je voulais faire médecine ». Car les vocations, c’est comme les trains (ou les bus, qu’il ne faut pas laisser passer), l’une peut en cacher une autre…


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