Créée en octobre 2000, l’ANLCI mobilise et travaille avec ceux qui peuvent agir au niveau institutionnel et sur le terrain pour prévenir et lutter contre l’illettrisme. Son rôle est de fédérer et d’optimiser les énergies, les actions et les moyens de tous ces décideurs et acteurs pour accroître la visibilité et l’efficacité de leur engagement.

Groupement d’intérêt public, structure souple réunissant partenaires publics et privés, elle organise le partage du travail, dans le cadre des compétences et champs d’intervention propres à chacun ; elle n’accorde pas de subventions, mais travaille à produire de la valeur ajoutée à travers un plan d’actions qui conjugue les efforts de tous. Son organisation traduit la volonté de permettre à tous de participer aux prises de décision et de prendre part à une action commune et concertée.

Dans le monde, 860 millions d’hommes et de femmes sont privés des plus simples compétences de base : savoir lire et écrire. Les pays industrialisés, où la scolarité est obligatoire, ne sont pas épargnés. Tous les âges de la vie sont touchés.

Pour qualifier cette situation, et la distinguer des personnes qui ne sont jamais allés à l’école, la France a choisi le terme d’illettrisme. Un mot qui suscite la réaction, l’indignation, mais qui est encore aujourd’hui nécessaire pour que ceux qui y sont confrontés ne soient pas oubliés, car ils ont pour caractéristique de chercher à cacher une situation synonyme d’échec. Pourtant, affronter la vie quotidienne sans avoir recours à l’écrit exige beaucoup de courage, et la mise en œuvre d’habiles stratégies de contournement.

Depuis 2001, en collaboration avec de nombreux partenaires, membres de son conseil d’administration, de son comité consultatif, représentants institutionnels et de la société civile, l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme a voulu partager des définitions claires :

Pour en finir avec les confusions :

  • Pour les personnes scolarisées en France, mais qui n’ont pas acquis une maîtrise suffisante de la lecture, de l’écriture et du calcul pour être autonomes au quotidien, on parle d’illettrisme. Il s’agit de renouer avec les formations de base : réapprendre.
  • Pour un adulte qui n’a jamais été scolarisé, c’est l’alphabétisation. Il s’agit d’apprendre.
  • Pour un nouvel arrivant en France, il s’agit d’apprendre le français. C’est le français langue étrangère, qui peut se combiner avec les deux premières démarches.

Permettre à tous, à tous les âges de la vie, d’acquérir, de consolider la base de la base …

C’est un socle fonctionnel qui regroupe les compétences de base : lecture, écriture, calcul nécessaires pour faire face à des situations de la vie courante : circuler, faire ses courses, prendre un médicament, utiliser un appareil, suivre la scolarité de son enfant, retirer de l’argent à un distributeur automatique, lire un plan, une consigne de travail ou de sécurité, un planning des horaires de travail, calculer des quantités…

En finir avec les idées reçues

Dans une société où la reconnaissance repose trop sur la seule réussite scolaire, sans tenir compte des compétences acquises tout au long de la vie, évitons de stigmatiser ceux qui sont confrontés à l’illettrisme, mais redonnons-leur confiance pour qu’ils osent réapprendre.

C’est une situation qu’il faut prévenir dès l’enfance, voire la petite enfance : préparer l’entrée dans les premiers apprentissages, conforter et consolider les compétences de base pendant toute la scolarité obligatoire. Car, tout au long de la vie, sans être nécessairement synonyme d’exclusion, l’illettrisme peut isoler et freiner l’insertion sociale, l’accès à l’emploi et la mobilité professionnelle. Ce n’est pas une situation inéluctable.

Des hommes et les femmes de tous les âges et qui vivent dans des contextes très différents y sont confrontés ; les situations de rupture (échec scolaire, travail, santé, famille…) peuvent contribuer à cet effritement des connaissances, mais des solutions appropriées pour remettre en route les processus d’apprentissage existent.

Combien de personnes concernées ?

3 100 000 personnes, soit 9% de la population âgée de 18 à 65 ans, ayant été scolarisées en France, sont en situation d’illettrisme (chiffres INSEE 2006)

4,9 % des jeunes de 17 ans sont en situation d’illettrisme (Journée d’Appel de Préparation à la Défense 2007, Ministère de la Défense en lien avec le Ministère de l’Education Nationale)

En savoir plus sur les personnes illettrées :

  • 41 % de femmes, 59 % d’hommes
  • 53 % ont plus de 45 ans
  • 49 % vivent dans des zones rurales ou faiblement peuplées, soit 1 500 000 personnes
  • 10 % vivent dans les zones urbaines sensibles (ZUS), mais le pourcentage d’illettrés est de 18 % dans les ZUS
  • 57 % travaillent, soit près de 1 700 000 personnes
  • 5 % sont bénéficiaires du RMI, mais 26% des allocataires du RMI sont illettrés
  • 74 % parlaient uniquement le français à la maison à l’âge de 5 ans

On connaît mal les illettrés adultes, on les confond avec les immigrés qui doivent apprendre le français langue étrangère. On pense que c’est un phénomène marginal. Pourtant, si 4,5 % des 18-25 ans sont illettrés, 9 % le sont pour les 36-45 ans, 13 % pour les 46-55 ans et 14 % pour les 56-65 ans. La proportion des illettrés dans la population augmente pour les groupes d’âge les plus élevés. Les difficultés s’accentuent tout au long de la vie.

On ignore que 57 % des personnes en situation d’illettrisme exercent une activité professionnelle.

« Réunir pour mieux agir »

Afin que chacun comprenne mieux la place qui lui revient, l’ANLCI s’est dotée dès 2003 d’un outil structurant : le cadre national de référence, point d’ancrage d’une politique nationale transversale, cohérente et partagée.

Lors du renouvellement de sa convention constitutive en 2005, le champ d’intervention du groupement d’intérêt public ANLCI a été confirmé et s’est élargi autour de trois axes forts :

  • Mesurer L’ANLCI est chargée de promouvoir, tant au niveau national, territorial, que local, toutes les actions concourant à mesurer, prévenir et agir contre l’illettrisme et à favoriser l’accès de tous à la lecture, à l’écriture et aux compétences de base.
  • Organiser L’ANLCI fédère et optimise les moyens mobilisés par l’État, les collectivités territoriales, les entreprises et la société civile dans la lutte contre l’illettrisme.
  • Outiller L’ANLCI accompagne et aide les acteurs qui réalisent des actions de lutte contre l’illettrisme à se professionnaliser et à développer leurs compétences.

pour rendre effectif l’accès de tousà la lecture, à l’écriture et aux compétences de base,

Agir ensemble dans la continuité et avec pragmatisme

Travailler ensemble :

Au niveau national : en associant toutes les institutions et partenaires au sein d’une structure légère et souple, l’ANLCI ne se superpose pas aux administrations mais produit ce qui manque pour que la lutte contre l’illettrisme puisse se développer à la hauteur des besoins : la structure de l’ANLCI rassemble dans son conseil d’administration, son comité consultatif et son conseil scientifique plus de 150 institutions.

Et au niveau territorial avec les plans régionaux de lutte contre l’illettrisme pour mettre en cohérence dans chaque région l’action de l’Etat, des collectivités territoriales, de la société civile et des acteurs de l’économie.

En faisant connaître et partager le diagnostic régional, les objectifs stratégiques de l’action publique en région, les moyens mobilisés pour prévenir et lutter contre l’illettrisme à tous les âges de la vie, ces plans d’action régionaux mobilisent dans la durée et de manière opérationnelle l’ensemble des acteurs.


Juin 2009 : 20 plans d’actions signés ou en attente de signature :

Chercher, trouver et faire partager ce qui marche pour diffuser les bonnes pratiques

Pour répondre aux problèmes qui se posent :

Des réponses concrètes existent : un peu partout sur le terrain des intervenants développent des modes d’action efficaces pour répondre à la diversité des difficultés et des situations des personnes illettrées.

Les trouver, c’est possible ; les faire connaître et les faire partager, c’est indispensable et plus productif que d’imaginer sans cesse de nouveaux dispositifs.

C’est ce propose, depuis 2004, le Forum Permanent des Pratiques de l’ANLCI :

Un processus de travail ancré dans la réalité, et qui marche : plus de 3 000 intervenants s’ y sont déjà engagés

Pour retrouver toutes ces pratiques réussies, outils et productions :

  • Un portail de ressources pour partager ce patrimoine commun, avec les entrées « domaines d’action », « personnes concernées », « régions » …

www.anlci.gouv.fr : espace forum permanent des pratiques

  • Et pour la phase 3 du Forum (2008-2010), retrouvez le journal de bord du travail engagé dans toutes les régions, autour d’une bonne pratique retenue sur les thèmes Prévention / Insertion des jeunes / Evolution professionnelle

sous forme de blog : www.blog.fpp.anlci.fr

Informer, sensibiliser, outiller


De nombreuses réalisations et publications, parmi les plus récentes :
Prévenir l’illettrisme : des clés pour comprendre et agir (juin 2009)

Guide pratique, comprenant des fiches ressources, et 9 films pour accompagner les actions en direction des familles.

Le Référentiel des Compétences Clés en Situation Professionnelle (RCCSP) (mai 2009)
A la demande de nombreux partenaires, l’ANLCI propose ce référentiel des compétences clé en situation professionnelle afin de faciliter l’insertion professionnelle des jeunes sans qualification, d’anticiper les mutations et de coordonner les interventions…

Partager les pratiques qui réussissent: des films courts pour comprendre et agir contre l’illettrisme (décembre 2008)
L’ANLCI a produit au cours des grandes phases de son Forum Permanent des Pratiques une vingtaine de court métrages, entretiens, témoignages pour donner la parole à ceux qui sont concernés par l’illettrisme, ceux qui agissent (acteurs de la formation, de l’entreprise, de l’éducation, de l’insertion, de la culture, chercheurs, décideurs, etc…) dans tous les domaines et à tous les âges de la vie.

Acteurs de la formation de base : se professionnaliser (novembre 2008)
Guide pratique réalisé à partir des contributions recueillies lors du travail mené au sein du Forum permanent des Pratiques de l’ANLCI.