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    Carla Bruni-Sarkozy

    Portrait : Cheikha Moza bint Nasser Al Misnad

    Portrait : Cheikha Moza bint Nasser Al Misnad
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    Portrait : Cheikha Moza bint Nasser Al Misnad

    Princesse du Qatar

    C’est la préférée, celle que l’actuel émir du Qatar met en avant. Depuis l’accession au pouvoir de Cheikh Hamad bin Khalifa Al-Thani en 1995, Cheikha Moza bint Nasser Al Misnad, sa deuxième épouse, ne s’est pas contentée de poser sur les photos officielles, elle a forcé cet usage reléguant la femme au ban de la société. Cette femme remarquée sur la scène internationale pour son allure altière est un signal fort pour toute une génération de Qatariennes. Car si elle ne porte pas le voile intégral, si elle tient la main de son mari dans la rue, si elle porte des robes cintrées à l’étranger, c’est avant tout pour ouvrir le champ des possibles à une société trop longtemps restée arcboutée sur ses conservatismes. « Pour bien des Qatariens, elle n’est pas juste une « Première dame », témoigne une habitante de Doha. Elle symbolise le droit des femmes au travail, à l’éducation. Dans les pays arabes, elles sont très souvent mises à l’écart. »

    Personnalité charismatique, Cheikha Moza bint Nasser Al Misnad multiplie les projets. « Elle a le désir d’aller plus vite que le temps, note un observateur. Au départ, on lui avait conseillé de se concentrer sur une action. Elle a préféré ne se fixer aucune limite. » Elle dit : « Le gaz va se tarir un jour, et ce que nous voulons léguer aux générations futures est un système d’éducation de qualité. » L’ambition est là, qui devrait être celle des rois et des reines, de voir plus grand, plus loin que soi. Le Qatar est un petit producteur de pétrole mais un des trois plus gros producteurs de gaz naturel au monde. Ses réserves sont estimées à cent cinquante ou deux cents ans. Cheikha Moza bint Nasser Al Misnad symbolise la volonté d’un petit pays (par sa superficie) de s’engager sur la voie d’un islam éclairé. Une sorte d’élève modèle dans le Golfe. Ce pays de 1,6 million d’habitants (dont seulement 209 000 Qatariens), qui a le revenu par habitant le plus élevé des pays émergents, consacre 2,8 % de son PIB à la recherche, soit l’équivalent chaque année de 1 500 millions de dollars.

    Dans ce mouvement qui amène le Qatar à muter perpétuellement, Cheikha Moza bint Nasser Al Misnad place l’éducation au centre du développement durable. Ces quinze dernières années, elle a créé une fondation (Qatar Foundation) donnant naissance à une impressionnante Cité de l’éducation. Inaugurée en 2003, celle-ci héberge six universités ouvertes pour ses 2 500 étudiants à la mixité. Elle accueille également un centre médical et de recherche (Sidra, en construction, il sera terminé en 2012) ainsi qu’un parc dédié à la science et à la technologie (QSTP). Parallèlement, la présidente de la Fondation arabe pour la démocratie promouvant le rôle des femmes dans la politique a créé un centre pour enfants autistes et handicapés (Shafallah). Par ailleurs, elle été ambassadrice de l’Unesco pour la défense de l’éducation de base et supérieure et elle s’est s’engagée en faveur de la promotion et de la protection de l’accès à l’éducation dans des zones de crise (Bande de Gaza). Des actions qu’elle mène à côté de ses fonctions officielles au Conseil supérieur de l’Éducation et à celui des Affaires familiales et qui lui valent d’avoir été primée par la Chatham House. C’est la femme du dialogue qu’on récompense là. Car cette unité recherchée, Cheikha Moza bint Nasser Al Misnad l’incarne plus que quiconque. Son père, Nasser Abdullah Al-Missned, était un opposant à Cheik Khalifa bin Hamad bin Abdullah Al Thani, le père de l’actuel émir du Qatar. Exilée en Égypte puis au Koweit, la famille est revenue avec le mariage de la future princesse du Qatar avec Cheikh Hamad bin Khalifa Al-Thani. L’histoire dit qu’ils eurent beaucoup d’enfants, cinq garçons et deux filles.

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