Pittsburgh
Sommet du G20 (24 et 25 septembre 2009)
Jeudi 24 septembre : arrivée à Pittsburgh. Six mois après Londres, ce troisième sommet du G20 est placé sous le signe d’une nouvelle gouvernance économique et financière. Au programme de ces deux journées : réforme du FMI, encadrement des bonus, renforcement des fonds propres des banques, régulation du système financier, sur fond d’avertissement à l’Iran sur ses activités nucléaires…
La ville de Pittsburgh n’a pas été choisie au hasard par Barack Obama. Patrie d’Henry John Heinz (qui faisait du ketchup) et d’Andy Warhol (qui peignait des boîtes de ketchup), cet ancien bastion sidérurgique s’est imposé, après une violente récession dans les années 1970, comme un modèle de reconversion dans l’économie verte : 30 % de ses habitants travaillent désormais dans des sociétés spécialisées dans le développement durable. Une série de projets et de réformes que la ville a engagés avec l’Allegheny Conference, un organisme privé à but non lucratif, pour insuffler un nouveau souffle à la ville. Depuis, la Steel Tower, surplombant l’Ohio River, n’abrite plus le siège d’un géant de l’acier américain (US Steel) mais les locaux de l’University of Pittsburgh Medical Center (UPMC), un conglomérat médical pesant 8 milliards de dollars : le premier employeur de la région. Cette importante ville universitaire de Pennsylvanie est également un centre majeur de la recherche médicale (sida, cancer, transplantation d’organes).
Durant cette journée et demie à Pittsburgh, Michelle Obama joue les hôtesses. Dès le jeudi soir, la Première dame américaine accueille au côté du président américain sa vingtaine d’invitées. Laissant leurs maris à leur dîner de travail, elles se rendent chez Teresa Heinz, veuve du magnat du ketchup et épouse de l’ancien candidat démocrate à la présidentielle John Kerry.
Vendredi 25 septembre : visite et déjeuner au musée Andy Warhol. Entre-temps, les Premières dames auront visité plusieurs classes d’une école secondaire située à quelques dizaines de mètres du lieu des réunions plénières du sommet : 800 garçons et filles qui apprennent aussi bien à chanter, qu’à danser et jouer la comédie. Loin de la presse, devant Michelle Obama et Carla Bruni-Sarkozy, une quinzaine d’entre eux font revivre des airs de Gershwin (I got rythm, It had to be you…) — même le jeu de claquettes est parfait. Enthousiasme partagé des Premières dames, qui vaut à Michelle Obama ce commentaire : « Ma très bonne amie Carla Sarkozy m’a dit : Ici, en Amérique, vous avez des gens qui savent chanter, danser, jouer la comédie en même temps. En France, ce n’est pas souvent qu’on a tout en même temps. » Michelle Obama saisit l’occasion pour appeler les étudiants à cultiver leur sens artistique, parce que, après tout, « on n’a pas besoin d’être Van Gogh pour peindre ».
De peinture, il sera naturellement question autour du déjeuner, qui se tient à l’un des étages du musée Warhol. La collection d’œuvres de l’artiste « local » est éblouissante. Au moment de partir, Carla Bruni-Sarkozy embrasse Michelle Obama et lui chuchote : « Je reste… » Sourire. Dehors, les photographes attendront en vain. Le protocole s’efface et, en toute intimité, accompagnée seulement du conservateur du musée, Carla Bruni-Sarkozy s’attarde à l’étage consacré au Velvet Underground. Films, affiches et revues annonçant les Exploding Plastic Inevitable events. Tout est là. Le Velvet joue. Sur l’écran, les visages de Nico et de Lou Reed. « Carla » s’attendrit : « Regarde, c’est Nico ! Quelle beauté… » Un ange passe.


