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    Penninghen

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    Penninghen

    Entretien

    Née en 1968, l’ESAG Penninghen est une des grandes écoles d’arts graphiques françaises. On ne compte plus en effet les directeurs artistiques, designers et architectes d’intérieur en vue passés par ce cours privé. Car c’est un cours privé, mais qui garantit d’avoir du travail à la sortie, nous affirment Alain Roulot, son directeur, et Gérard Vallin, son directeur adjoint. À la base, l’originalité de cette école enseignant les arts appliqués repose sur le fait que les élèves soient formés, non par des professeurs académiques, mais par des professionnels en contact direct avec leur domaine d’activités. Ainsi, les graphistes sont-ils formés par des graphistes, les architectes d’intérieur par des architectes d’intérieur, les designers par des designers, reconnus chacun dans leur profession. À l’issue de ces cinq années d’études, un diplôme est délivré, reconnu par le ministère de l’Éducation nationale et de la Recherche. Présentation par Alain Roulot et Gérard Vallin.


    Comment l’ESAG Penninghen est-elle née ?

    L’ESAG Penninghen puise ses racines dans la célèbre Académie Julian. Celle-ci, en 1868, innove en ouvrant ses portes aux femmes et aux étrangers.

    Dès cette époque, William Bouguereau, un des chefs d’atelier, échange en anglais avec les artistes. Vers la fin du siècle, les professeurs des Beaux-Arts viennent y donner des cours. Matisse, Dubuffet y enseigneront par la suite… Guillaume Met de Penninghen, artiste peintre et céramiste, crée un atelier rue Falguière pour préparer les élèves au professorat de dessin. En 1959, il agrandit son atelier en occupant le rez-de-chaussée, devenu disponible, des ateliers Julian. Et c’est en 1968, dans la totalité des locaux, qu’il fonde l’ESAG, pour École supérieure d’arts graphiques. Dès le départ, il demande à des graphistes professionnels de renom d’y transmettre leurs savoirs. Depuis, l’école prépare aux métiers de la création et de la conception en délivrant deux diplômes : directeur artistique-graphiste et architecte d’intérieur-designer.


    Quelle est l’importance d’un enseignement dispensé par des professionnels ?

    C’est fondamental. Il s’agit, dans les métiers de la création, de transmission des savoirs, d’une tradition, d’une continuité des pratiques artistiques, qui ne peut s’opérer que par les professionnels eux-mêmes. Et puis « on enseigne autant ce que l’on est que ce que l’on sait ».


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    Alain Roulot, Directeur


    De quelle manière se fait l’enseignement aujourd’hui ?

    L’ESAG Penninghen a fondé la singularité de son enseignement sur l’apprentissage du dessin — en filiation directe sur ce point avec l’Académie Julian. Celle-ci était un cours privé qui a formé beaucoup d’artistes remarquables du siècle dernier, tels que Marcel Duchamp, Louise Bourgeois, Jean Arp,

    Jean Bazaine, Robert Rauschenberg, Eileen Grey et bien d’autres… Si la préparation de l’œil et de la main reste aujourd’hui pour l’École la base essentielle de toute expression libre de l’idée, la stratégie pédagogique s’y repense et s’y renouvelle constamment et notamment avec l’arrivée du numérique.


    Comment le numérique est-il abordé ?

    Incontournable, le numérique est enseigné d’une part en tant qu’outil avec l’apprentissage des logiciels, et aussi en tant que domaine d’activité avec le développement d’interfaces et d’installations interactives. Une véritable expérimentation est en cours avec le thème fédérateur de l’année : la ville 2.0.


    Quels sont les principaux critères de différenciation de l’école ?

    Au-delà de son histoire déjà évoquée, on peut parler de son lieu d’implantation. Rive Gauche, en plein cœur du 6e arrondissement, l’école est plongée dans un contexte culturel porteur. À deux pas du musée d’Orsay, dans le quartier Saint-Germain-des-Prés, quartier des artistes et des intellectuels du 20e siècle. Ce qui distingue également l’ESAG Penninghen est sa dimension internationale. Avec son appartenance au réseau Cumulus,

    un réseau qui regroupe 150 écoles d’art et de design dans le monde, l’école accueille des élèves de toutes les nationalités et adresse ses élèves dans différentes universités en fonction de leurs spécificités (langues, disciplines enseignées…). Cette ouverture insufflée très tôt favorise l’éclosion des talents, leur recrutement et leur appréciation par les entreprises performantes. Un certain nombre de nos professionnels diplômés font carrière à l’étranger, à Hollywood, chez Dreamworks, pour l’animation, en Californie, chez General Motors, pour le design automobile, au Japon, en Chine avec des agences d’architecture intérieure. Par ailleurs, avec France Design Education (regroupement d’une dizaine d’écoles françaises de design), nous travaillons à la valorisation de l’excellence française : la « French Touch », perçue et appréciée comme telle à l’étranger.


    Quelles sont les fiertés de l’école ?

    La plus grande fierté réside dans la réussite de ses professionnels diplômés. Notre dernière source de satisfaction et de joie partagée, l’oscar du court métrage pour Logorama, film d’animation fait de milliers de logos, réalisé par François Alaux et Ludovic Houplain, diplômes en art graphique.


    Comment votre école est-elle connue des élèves et de leurs familles ?

    L’ESAG Penninghen jouit d’une grande notoriété due à son histoire, à sa longévité, à l’importance de son réseau, aujourd’hui constitué de 2 500 professionnels diplômés, à son équipe enseignante, composée de grands professionnels tels que Étienne Robial, concepteur de l’image Canal +, Jean-Louis Bloch-Lainé, photographe, Jean-Louis Berthet, architecte d’intérieur, Jean-Pierre Vitrac, designer… Aussi, les inscriptions pour l’année scolaire 2010/2011 en première année se sont clôturées en moins de 48 heures.


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    Gérard Vallin, Directeur adjoint


    De quelle manière les élèves sont-ils en relation avec le monde du travail ?

    Tout au long de l’année, différentes disciplines sont sollicitées pour des partenariats industriels ou institutionnels. Ces derniers mois la SNCF, les Hôpitaux de Paris, Barbie, le Forum des Halles ont travaillé avec les élèves et leurs chargés de cours. La direction veille à ce que les contrats passés avec les entreprises soient équitables en refusant les demandes qui ne rémunèreraient pas ou mal les étudiants. La pratique du travail en équipe projet est également abordée à travers des partenariats avec d’autres écoles préparant aux métiers du marketing et de l’ingénierie.


    Combien d’élèves sont accueillis chaque année ?

    240 en première année préparatoire. À l’issue de cette première année, 100 élèves sont acceptés chez nous en deuxième année, environ 60 en art graphique et 40 en architecture intérieure. Les autres s’orientent vers d’autres écoles, d’autres disciples, d’autres métiers.


    Vous êtes une école privée. Cela demande aux parents d’être issu d’un certain milieu, non ?

    Si une partie des élèves sont effectivement issus de milieux favorisés, l’accès aux jeunes de foyers plus modestes est rendu possible grâce aux bourses délivrées par le Crous (5% des élèves) et l’aide que l’école octroie sur ses fonds propres aux élèves méritants et dont les familles sont en situation difficile (3 à 4% d’élèves).


    Quel est le coût à l’année ?

    Environ 7 000 euros la première année et 10 000 en toute fin de cycle, sans compter le matériel nécessaire.


    Comment s’opère la sélection ?

    La singularité de notre école, c’est de ne sélectionner qu’en fin de première année. Au moment de l’inscription, des critères tels que le livret scolaire ou l’entretien de motivation ne permettent pas réellement de savoir quel élève se révèlera être un bon élément.


    Avec qui êtes-vous en concurrence ?

    Notre entretien vous a permis de voir à quel point notre démarche d’enseignement et de formation est singulière…



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