64e Assemblée générale des Nations unies (21-23 septembre 2009)

C’est le plus long voyage officiel depuis l’élection de Nicolas Sarkozy. Un an après sa première venue aux États-Unis, le couple présidentiel s’impose durant ces cinq jours aux États-Unis un emploi du temps très serré : trois jours à New York dans le cadre de la 64e Assemblée générale des Nations unies puis deux jours à Pittsburgh pour le sommet du G20. Lundi 21 septembre : arrivée à 18 heures (minuit à Paris) du couple à New York. Entretien bilatéral du président français avec le président chinois Hu Jintao deux heures plus tard à l’hôtel Waldorf Astoria. Auparavant, il avait salué les participants à une cérémonie privée rendant hommage au travail de son épouse contre le Sida : le Fonds mondial avait réuni autour de son Ambassadrice ses plus fervents soutiens dans le monde des affaires et des médias américains.

Le lendemain, à l’Onu, sommet sur le climat, et le mercredi, ouverture de l’Assemblée générale de l’Onu. Pour cette 64e Assemblée générale des Nations unies, plus de cent vingt chefs d’État se sont déplacés. La nouveauté par rapport à la 63e Assemblée, c’est la présence de Barack Obama, nouveau président démocrate à la tête des États-Unis. Pour Carla Bruni-Sarkozy, neuf mois après sa nomination comme « Ambassadrice mondiale pour la protection des mères et des enfants contre le sida », le grand rendez-vous annuel de l’Onu est un baptême du feu, celui d’un premier discours lors d’une réunion internationale. Avant de rejoindre Michelle Obama à Pittsburgh, Carla Bruni-Sarkozy place son séjour à New York sous le signe de ses nouvelles responsabilités : contacts pour sa fondation et discours au siège des Nations unies pour appeler les gouvernants à agir en faveur des femmes enceintes séropositives : « Dans le monde, à peine un tiers des futures mamans séropositives ont accès au traitement qui éviterait de transmettre le virus à leur enfant. N’est-ce pas une immense injustice, alors que les traitements existent, et qu’aucun bébé ne devrait naître infecté ? »

Alors que Tony Parker vient de décerner à Paris le trophée Par Cœur à la Fondation Carla Bruni-Sarkozy, celle-ci multiplie les contacts aux États-Unis, où la Fondation est reconnue comme une Charity grâce à son partenariat avec la Fondation de France. D’importants philanthropes viennent à la rencontre de la Première dame de France, pour l’aider à construire la Fondation qui porte son nom. Outre-Atlantique, les fondations privées jouent de longue date un rôle essentiel pour garantir l’accès des personnes les plus modestes à l’éducation et à la culture, ce qui est le cœur même de la mission de la Fondation Carla Bruni-Sarkozy.

Discours à l’Onu (23 septembre 2009)

« Je ne suis que l’ambassadrice de ces femmes qui ont peur. » Mercredi 23 septembre 2009, dans une salle voisine de l’Assemblée générale des Nations unies, Carla Bruni-Sarkozy prend la parole. Accompagnée d’Ann Veneman, directrice exécutive de l’Unicef, de Michel Kazatchkine, directeur exécutif du Fonds mondial contre le sida, et de Michel Sidibé, directeur exécutif de l’Onusida, l’ambassadrice du Fonds mondial lance un appel en faveur des femmes enceintes séropositives — son mandat est en effet d’agir pour la prévention de la transmission du virus du Sida de la mère à l’enfant. Son mari est dans la salle, tout comme le Secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, le président sénégalais Abdoulaye Wade, le Premier ministre néerlandais Jan Peter Balkenende et pas moins de douze ministres. Dix Premières Dames, pour beaucoup de pays africains ravagés par l’épidémie, sont venues témoigner de leur engagement. Blaise Campaoré, Président du Burkina Faso, et Meles Zenawi, Premier ministre d’Éthiopie, président ensemble cette réunion qualifiée « d’historique ». En effet, pour la première fois, la question de la transmission de la mère à l’enfant est placée au sommet de l’agenda politique. « Les efforts de tous les pays, du Nord comme du Sud, ont permis de donner l’espoir à des millions de personnes. Aujourd’hui, plus de 4 millions de personnes reçoivent un traitement contre le sida dans les pays en développement, quand presqu’aucune d’entre elles n’était soignée il y a cinq ans », rappelle Carla Bruni-Sarkozy, avant de s’adresser plus particulièrement à son auditoire : « Vous êtes les leaders du monde et je ne peux me permettre de vous donner aucune leçon. Mais je peux vous donner un conseil : écoutez l’appel que nous lançons aujourd’hui avec le Fonds mondial, l’Unicef et l’Onusida. Il est possible de doubler, d’ici dix-huit mois, le nombre de femmes enceintes séropositives qui ont accès au traitement. En 2015, toute transmission du virus de la mère à l’enfant pourrait être éliminée. »

Elle cède ensuite la parole à Christina Rodriguez, une adolescente de Brooklyn, infectée par le virus à la naissance : ses parents ne se savaient pas séropositifs. L’émotion de Christina paraît d’autant plus grande qu’elle s’exprime au nom de Karen Gonzales, une jeune femme du Honduras également séropositive : c’est elle qui devait initialement prendre la parole. Mais au jour de s’envoler pour New York et d’y rencontrer Carla Bruni-Sarkozy, la jeune militante a dû renoncer à son voyage en raison du couvre-feu qui s’abattait dans son pays.