Monet (Claude)

Peintre / Visite de l’exposition au Grand Palais en compagnie du chef de l’État et du ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand (4 janvier 2010)

En 2008, l’exposition Picasso et ses maîtres au Grand Palais semblait déjà un succès indépassable avec plus de 6 000 visiteurs par jour. Rapidement après son ouverture, le 22 septembre 2010, la rétrospective Monet au Grand Palais bat des records, jusqu’à 8 800 visiteurs par jour lors des nocturnes. Qu’est-ce qui explique un tel afflux ? On a parlé de la richesse du catalogue pouvant combler à la fois les spécialistes et le grand public, permettant d’admirer Les Nymphéas tout autant que d’autres œuvres plus ciblées. On a parlé de l’intelligence de la scénographie, établissant des liens entre les périodes dans un respect didactique de la chronologie. On a parlé enfin du caractère fixe de l’exposition, qui n’est pas destinée à voyager. Mais le plus simple n’est-il pas de rappeler l’aspect unique au monde de l’œuvre ? Monet, ambassadeur de la French touch ? Assurément. Et les chiffres le confirment. Au Grand Palais, plus d’un tiers des visiteurs sont des touristes, dont une grande partie sont anglophones. De la même manière que les Anglais ont été fascinés après-guerre par l’existentialisme, un courant de pensée qui fut un véritable souffle d’air frais dans un pays trop occupé à se reconstruire pour poser déjà les bases du Swingin’ London, l’impressionnisme est un genre qui fait toujours des heureux dans les musées londoniens. En 2007, une vente à Sotheby’s avait permis de constater ce retour en force du courant impressionniste sur les marchés de l’art, et de Monet en particulier. Une folie qui commençait à toucher New York, jusque-là plus portée sur l’art contemporain. Ce jour-là, à Sotheby’s London, l’huile sur toile Waterloo Bridge, temps couvert (1899-1901) avait pour 31,6 millions de dollars rejoint la collection d’un acheteur américain. En 1990, l’œuvre avait été acquise pour 3,1 millions de dollars. « Do you blame Monet / His garden in Giverny / He captured » : en 2004, la chanteuse américaine Laura Veirs en faisait une chanson pour les circuits indie folk… Monet, ce n’est pas qu’une question d’argent.