Jack Charlot, graphiste au sein du studio Bonzoms, revient sur le film Baby in the Sky qu’il a réalisé pour la campagne Born HIV Free et qui est diffusé sur la chaîne YouTube dédiée à cette campagne
« Dès les premières réunions, nous avons vu des documents chiffrés. On s’est retrouvés face à des gens pour qui c’était un sujet grave, vif, sérieux. Ce n’était pas juste de la dorure, comme c’est parfois le cas dans les commandes de films humanitaires. Leurs remarques n’étaient pas fondées sur des questions de goût ou d’ego personnels, mais en rapport avec un message.
Ils voulaient un film métaphorique, onirique, qui ne développe pas de sentiment d’anxiété. Il fallait arrêter de jouer sur ce sentiment de culpabilité pour les gens qui donnent, mais valoriser le sens du partage et de l’envie. Dans le cas de la transmission du VIH de la mère à l’enfant, les médicaments existent, le problème c’est la mobilisation…

Portrait de Jack Charlot par les Bonzoms
Ce film s’adresse à une population occidentale de trentenaires. Le fait d’avoir un nombre limité d’interlocuteurs nous a permis de bénéficier d’une grande liberté artistique. Un scénariste a aidé au story-board. Il a proposé un voyage imaginaire. Sur le moment, on n’a pas cherché à analyser ce à quoi renvoyaient symboliquement les différents décors du film. Mais au final, nous avons vu qu’ils pouvaient laisser une large part à l’interprétation. On peut les voir comme la description des différentes étapes initiatiques qui jalonnent une vie, depuis l’apprentissage des premiers pas à la sérénité acquise en fin de parcours. Mais rien n’était conscient. De même, nous ne voulions pas parasiter la lecture par trop de références graphiques. Il fallait que ce soit universel, créatif sans être élitiste. Un « petit truc » coloré, enlevé, comme un morceau de pop qui laisse un bon souvenir. Un objet artistique qui attire l’attention, voire suscite des réactions, pour donner envie d’en savoir plus… »
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