La maladie dans un pays fragile

Le premier cas de sida au Bénin fut diagnostiqué en 1985. Dans un pays où le développement social et économique est fragile (principales sources de revenus : l’agriculture de subsistance et la culture du coton), avec un grand taux d’analphabétisme (surtout chez les femmes) et où près d’un tiers de la population vit sous le seuil international de pauvreté (1,25 dollar US par jour), cette pandémie a aggravé une situation sanitaire déjà préoccupante. Dans les années 1980, moins de 30 % de la population avaient accès aux soins de santé  fondamentaux. Le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans figurait parmi les plus élevés au monde : 203 décès pour 1 000 naissances. Seule une mère sur trois avait accès aux services de soins pour enfants. Depuis, la situation a largement évolué grâce à l’Initiative de Bamako (Mali), qui a initié une prise en charge communautaire de la santé ouvrant à des prestations plus équitables. Étendue à tous les domaines de santé, cette réforme mis en œuvre dans plusieurs pays en voie de développement a permis d’améliorer les indicateurs et l’efficacité des soins tout en réduisant les coûts. Au Bénin, le système de santé publique compte 574 maternités et 35 infirmeries, auxquelles viennent s’ajouter 32 maternités privées. Parmi ces établissements, 313 offrent des services de PTME (dispositif de prévention de la transmission du virus VIH/Sida de la mère à l’enfant), et 64 sont en mesure d’offrir une trithérapie. En 2009, 1 266 femmes enceintes séropositives ont bénéficié de services PTME.


Selon le rapport 2008 de l’Onusida, le pays (près de 8,8 millions habitants) comptait en 2007 :

  • 69 000 personnes atteintes du VIH/Sida ;
  • 3 300 décès liés au sida ;
  • 38 000 orphelins de père ou de mère ;
  • 20 000 personnes (estimation) ayant besoin d’une thérapie antirétrovirale ;
  • 9 800 personnes (estimation) suivant une thérapie antirétrovirale.


Le financement de la lutte contre le VIH/Sida au Bénin est financée de la façon suivante :

  • 55 millions d’euros (2007/2011) pris en charge par différents partenaires ;
  • 15 millions d’euros par an accordés par le gouvernement du Bénin (aide directe issue du budget national) ;
  • 84 millions d’euros, soit 39,21 % du financement total du pays pour lutter contre le VIH/sida, engagés ou décaissés pat le Fonds mondial.