Kazatchkine (Michel)

Directeur exécutif du Fonds mondial contre le sida, le paludisme et la tuberculose depuis avril 2007 / Interlocuteur de l’ambassadrice mondiale pour la protection des mères et des enfants contre le virus du sida

C’est en soignant un couple revenant d’Afrique avec une forte fièvre et un système immunitaire déficient que le jeune immunologiste Michel Kazatchkine est confronté pour la première fois au sida, en 1983. Depuis, le médecin a fait de la lutte contre cette maladie un des centres de son activité, tour à tour directeur de l’Agence nationale de recherche sur le sida (1998-2005) et ambassadeur chargé de la lutte contre le sida et les maladies transmissibles (2005-2007), en parallèle de ses activités de médecin et de professeur de médecine à l’université René-Descartes à Paris. En avril 2001, lors d’un sommet des chefs d’État sur le sida à Abuja (Nigeria), Kofi Annan, secrétaire général des Nations unies, demande la création d’un fonds international contre la maladie. Un partenariat public-privé est alors proposé à Bruxelles en dehors du système des Nations unies. C’est ainsi que naît, en janvier 2002, le Fonds mondial contre le sida, le paludisme et la tuberculose : les trois maladies les plus tueuses dans le monde. De février 2002 à décembre 2004, Michel Kazatchkine préside le comité de revue du Fonds mondial. Depuis avril 2007, il est à la tête de la structure. Il se bat alors contre cette fatalité : plus de 6 millions de personnes, et particulièrement dans les pays en voie de développement, meurent chaque année de ces trois pandémies. Le Fonds mondial assure les deux tiers du financement international consacré à la tuberculose et au paludisme et le quart des ressources disponibles pour le sida (55 % des financements alloués au sida, 35 % au paludisme, 10 % à la tuberculose). « Jusque dans les années 1980, on pensait que le développement d’un pays passait d’abord par l’électrification, l’assainissement de l’eau, ou encore l’éducation, rappelait récemment le directeur du Fonds mondial au magazine La Recherche. La santé était perçue comme la conséquence naturelle de ce développement. Puis la crise du sida est arrivée. (…) Il a fallu attendre la seconde moitié des années 1990 pour que l’on prenne enfin conscience de la gravité de la crise dans le monde en développement, et plus particulièrement en Afrique. Les économies de nombreux pays étaient sapées, les familles détruites, les enfants n’allaient plus à l’école pour assurer le travail des parents malades ou pour s’occuper de frères et sœurs devenus orphelins. Il était évident que, si on ne traitait pas les malades du sida, il n’y aurait plus personne pour assurer le développement ! La santé est alors devenue une priorité et un enjeu politique. »