Geffroy (Marie-Thérèse)

Directrice de l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme (ANLCI) / Membre du comité exécutif de la Fondation (avril 2009)

Marie-Thérèse Geffroy a toujours rêvé d’être « boulangère à San Diego ». Mais cette agrégée de lettres classiques se retrouve à la direction de  l’ANLCI, Agence Nationale de Lutte contre l’illettrisme, qui rassemble ceux qui contribuent à la prévention et à la lutte contre l’ illettrisme, pouvoirs publics, partenaires sociaux, entreprises,associations, fondations…. Auparavant, cette gaulliste engagée avait  été pendant quinze ans dans la vie publique, maire d’arrondissement de Lyon et conseiller régional de Rhône-Alpes.

L’ANLCI est créée en 2000. La parole du père Joseph Wresinski (ATD Quart Monde), le premier en France à lancer un cri d’alarme  sur la  question de l’illettrisme, semble avoir été entendue… « J’ai été élevée dans une famille avec des parents militants à l’Action catholique. Puis, je suis passée par la JEC (Jeunesse étudiante chrétienne). J’ai appris que celui qui était en face de moi était mon égal. Quel qu’il soit. J’essaie de mettre cela en pratique au quotidien. C’est peut-être pour cela que le problème de l’illettrisme m’a autant touchée. J’ai aussi retenu qu’il fallait avoir de l’ambition mais pas seulement pour soi : pour les autres et avec les autres », confie celle qui est aussi présidente du Comité français pour les Olympiades des Métiers et vice-présidente de l’organisation internationale World Skills. Une expérience complétée par le travail au sein du Haut Conseil de l’Education après la Commission nationale du débat sur l’avenir de l’École, et la présidence du Comité de coordination des programmes régionaux d’apprentissage et de formation professionnelle continue.

Pragmatique, tournée vers l’opérationnel, l’ANLCI s’est fixé des missions qui peuvent s’ exprimer en trois mots : Mesure, Organiser ,Outiller. Le siège national se trouve à Lyon. Avec des relais dans toutes les régions. Un Forum permanent des pratiques permet de mettre à disposition de toutes les bonnes pratiques, celles qui marchent ,produisent des résultats. En attendant, boulangère à San Diego, ça vient d’où ? « Je me le suis souvent demandé… Peut-être, outre le goût des voyages, parce que j’admire ceux qui réussissent à produire les choses essentielles à la vie de tous les jours et dont on sous-estime le talent. Lorsqu’on oriente les jeunes dans le système scolaire, le choix du métier de boulanger n’est pas regardé par tous comme un premier choix. Cette façon de juger avec condescendance ceux qui ne sont pas les plus  académiquement diplômés… c’est une vraie discrimination, et toutes les formes de discriminations sont à combattre. »