Équiper les écoles en instruments de musique

Impulsée par la Chambre syndicale de la facture instrumentale, l’association Orchestre à l’école finance l’équipement de classes en instruments de musique pour faire entrer la pratique musicale collective dans les écoles et les collèges. En dix ans, soutenu par les écoles de musique locales, les collectivités et l’Éducation nationale, ce programme est parvenu à fédérer quelque 450 orchestres. Ce qui est un bon début, même s’il reste à faire si l’on veut que chacun des 55 000 établissements scolaires en France ait un jour son orchestre !

Au sein de la classe bénéficiaire, chaque élève se voit confier un instrument de grande qualité (jusqu’à 6 000€ pièce), qui devient le sien pour les trois années à venir : il l’entretient, le nettoie, le ramène à la maison pour s’entraîner. L’objectif ? Au-delà de l’ouverture à la pratique musicale, il s’agit aussi de donner à ces jeunes élèves les moyens de montrer (et de se montrer à eux-mêmes) qu’ils sont capables d’effort, de discipline, de réussite. Les cours de musique orchestrale proposent une autre façon de vivre l’école, et d’y être reconnus — les meilleurs musiciens ne sont pas toujours les meilleurs élèves. Chaque année, les classes équipées donnent un concert, auquel sont invitées des familles qui pour la plupart ne sont jamais venues à l’école de leur enfant, parce qu’elles ne parlaient pas le français, ou parce qu’elles ne savaient pas lire, et appréhendaient le contact avec les professeurs.

Carla Bruni-Sarkozy est marraine de l’association. C’est ainsi qu’après les 320 enfants entonnant La Marseillaise devant la flamme du Soldat inconnu (Arc de Triomphe) le 20 mai 2009, puis une centaine sur les Champs-Élysées un mois plus tard pour la Fête de la musique, 150 musiciens en herbe se sont produits le 14-juillet 2009 au défilé puis à la Garden Party de l’Élysée. Soixante-dix-huit élèves des écoles de Pont-Audemer (vingt entre 8 et 11 ans) et de Fougères (cinquante-huit de Cinquième) reprenaient l’hymne national avec les Chœurs de l’armée devant la Tribune présidentielle. Puis, soixante-neuf instrumentistes issus des orchestres de Nantes et de Gorron jouaient sous une tente dressée pour l’occasion dans les jardins de l’Élysée.