Association gérant des bibliothèques en prison

Lire c’est vivre voit le jour en 1987. Trois ans auparavant, Geneviève Guilhem, qui avait participé au développement des bibliothèques centrales de prêt (BCP), et Édith Bargès, bibliothécaire également, venaient de créer les deux premières bibliothèques de la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis, dans le cadre du protocole signé par Robert Badinter, ministre de la Justice, et Jack Lang, ministre de la Culture. Avec une équipe de bibliothécaires, les deux femmes fondent Lire c’est vivre, association qui en plus de lutter contre l’illettrisme gère les dix bibliothèques de prêt du plus grand centre pénitentiaire d’Europe (plus de 3 000 détenus, hommes, femmes, jeunes détenus). On y trouve une bibliothèque centrale et neuf bibliothèques aménagées dans chaque bâtiment à la façon de petites bibliothèques municipales (60 mètres carrés). Au nombre de cinq chez les hommes (deux chez les « isolés », une chez les femmes, une chez les mineurs et une pour les adultes du Centre des jeunes détenus), elles sont dotées de 5 000 ouvrages en prêt et d’une trentaine de revues et d’abonnements. Elles sont gérées par des bibliothécaires bénévoles. Dans les années 1990, en partenariat avec le Conservatoire national des arts et métiers (CNAM), Lire c’est vivre met en place une formation pour les auxiliaires bibliothécaires détenus : organisation de la bibliothèque, des demandes au suivi de la fréquentation en passant par l’accueil et l’orientation des lecteurs. En parallèle, Lire c’est vivre organise des animations culturelles : cercles de lecture (un par bibliothèque, une fois par semaine, qu’animent des bénévoles), ateliers d’écriture, lecture à voix haute, cercles de philosophie, ateliers de théâtre, de contes, de bandes dessinées… Des rencontres sont organisées avec des écrivains (Simone Veil, Peter Brook, Nancy Huston…). Entre 1991 et 2002, l’association a coédité la revue Liralombre, proposant des écrits des détenus et d’auteurs lus pendant les « cercles de lecture ». Et, sous la direction de Geneviève Guilhem, l’association a édité en 2009 l’ouvrage Dans ma cellule j’ai fait le tour du soleil.