« Ce que l’on donne nous appartient à jamais »

J’ai eu la chance de naître dans un milieu privilégié. L’éducation et la culture y étaient transmises d’une manière naturelle. Je pense souvent à cette expression qu’emploie le professeur Brigitte Estournet du « superflu indispensable ». L’accès au savoir est une richesse essentielle. C’est un levier. Il permet de s’intégrer, de s’élever, de découvrir les trésors que l’on ignore parfois avoir en soi. C’est un droit universel, aussi bien pour la personne qui possède un abri que pour la personne qui en est exclue. Mais pour beaucoup, ce droit est inaccessible, soit par manque de moyens, soit par manque d’informations. D’autres obstacles psychologiques, sociaux, géographiques viennent parfois s’y ajouter.

Redistribuer une part de ce qui nous a été offert est un cheminement qui devrait être normal dans le cycle d’une vie, a fortiori quand elle a été si généreuse. J’ai été chanceuse. Et aujourd’hui, un autre levier se présente à moi. La notoriété est un véhicule qui donne la possibilité de dévier la lumière portée sur soi vers les personnes qui en ont vraiment besoin. Je pense à ces personnes qui, jour après jour, donnent de leur temps et de leur énergie pour « tordre le cours » de la fatalité. Ce sont elles qui sortent, même quand il fait froid, pour aller à la rencontre des plus démunis, des plus vulnérables, de ceux pour qui un soutien, aussi mince qu’il paraisse, peut tout faire basculer dans un sens positif. Ces personnes investies dans le bénévolat manquent elles-mêmes souvent de moyens. Pourtant, j’ai le sentiment que l’esprit de solidarité n’a jamais été aussi présent dans notre société.

Aider, ce n’est pas seulement donner à manger un jour, mais apprendre une technique, un savoir-faire, une connaissance qui permettent de continuer à se nourrir tout au long d’une vie. Ces gens sur le terrain, regroupés dans des associations, ont une très grande conscience de cela. Ils investissent sur le lien, le contact. Car la fracture la plus dangereuse pour un être humain est celle du lien.

On peut tous perdre l’équilibre. C’est souvent le fait du hasard. Mais par un soutien, pouvant revêtir différentes formes, il est possible d’ouvrir d’autres voies au hasard. C’est dans ce sens que j’ai créé une fondation. Dans des domaines divers, mais qui se rejoignent tous sur l’idée de remédier à la perte de confiance en soi et à l’isolement, elle agit en soutenant des actions déjà opérantes et en imaginant des programmes pour que les dés ne se cognent pas au premier coin de table…

Alors, merci à tous nos partenaires, acteurs de terrain et mécènes, qui nous aident chaque jour à mener ces actions. Ce que l’on donne nous appartient à jamais. C’est une phrase que je suis heureuse d’avoir apprise un jour.

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