Association de lutte contre les discriminations liées au sida (2003). Rencontre à l’Hôtel Marigny à l’occasion de la journée mondiale contre le sida (1er décembre 2009)
Comme le décrivait Charlotte Rotman le 25 mai 2002 dans Libération : « Le sida est encore très tabou dans les communautés africaine et maghrébine de France. » Pour sortir de l’ombre, des familles vivant avec le VIH organisent cette année-là deux rassemblements place de la Fontaine des Innocents, à Paris. Prolongeant les initiatives déjà menées au sein de la radio Survivre au sida (ex-Migrants contre le sida), qui depuis 1995 informe et donne la parole aux personnes séropositives issues de l’immigration et de la banlieue, ces meetings posent les premières pierres du Comité des familles : s’y revendique une égalité des droits face à la maladie, pour « en finir avec la honte et le silence de l’injustice de l’épidémie ». L’association se crée l’année suivante, le 14 juin 2003, lors du premier Diwane (fête) des familles à la Cité des 4000, à la Courneuve. Reda Sadki anime l’association. En 2006, elle ouvre le site papamamanbebe.net pour les familles vivant avec le VIH. Et le 21 juin 2008, elle inaugure la Maison des familles, premier centre d’accueil ouvert par et pour toutes les familles vivant avec le VIH. Charlotte Rotman raconte dans son reportage : « Mélissa est arrivée à Paris il y a deux ans, après le décès de son mari au Zaïre. ‘En Afrique, le sida, c’est une histoire de honte. On est tout de suite répudiés par la société. J’ai une cousine qui en est morte. Jusqu’à la dernière minute, elle ne voulait pas reconnaître qu’elle avait le sida.’ » « En France, poursuit la journaliste, plus de 40 % des malades hétérosexuels sont d’origine étrangère (27 % d’origine africaine). Les étrangers forment le gros bataillon des nouveaux cas déclarés, près de 30 %, alors qu’ils ne représentent que 6 % de la population totale. De plus, la majorité des Africains ne connaissaient pas leur séropositivité au moment du diagnostic de la maladie. ‘C’est pourquoi on essaye au maximum d’inciter au dépistage’, rapporte Noël Ahebla. ‘Chez les Maghrébins, il y a d’abord eu une vague de morts liée à l’arrivée de la came dans les cités’, rappelle Reda Sadki, de Migrants contre le sida. ‘Mais une deuxième épidémie menace, prévient-il, touchant notamment les hommes mariés ayant des aventures homosexuelles, les femmes et les plus jeunes.’ »
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