Casadesus (Jean-Claude)
Chef d’orchestre. Fondateur de l’Orchestre national de Lille /Dirige deux concerts à la prison de Séquedin dans le cadre du programme de concerts pour les publics oubliés de la Fondation (14 octobre 2010)
Petit-fils du musicien Henri Casadesus, cet héritier d’une longue lignée d’artistes décide en 1975 d’amener la musique des « élites » là où elle n’a pas le droit de cité. L’ancien directeur musical du Théâtre du Châtelet, un temps chef permanent à l’Opéra de Paris, fonde l’Orchestre national de Lille dans une région, le Nord-Pas-de-Calais, sinistrée. Textile, acier, l’industrie s’écroule par pans entiers. Jean-Claude Casadesus récupère un orchestre « viré » pendant la recentralisation de l’Ortf à Paris. Jean-Claude Casadesus, qui vient alors de diriger l’Orchestre philharmonique des Pays-de-Loire, va en faire un orchestre capable de s’exporter partout dans le monde, avec toujours la même exigence, quel que soit le public rencontré. Donc, des tournées dans des théâtres prestigieux mais aussi des concerts dans des usines (usine de déchargement des 3 Suisses), des hôpitaux psychiatriques, des églises, des écoles, des prisons du Nord-Pas-de-Calais. « Oui, l’art est élitiste, mais c’est l’élite du cœur », réaffirme le fils de Gisèle Casadesus, 75 ans, une forme de jeune homme, en tirant sur une Lucky Strike, la première cigarette qu’il ait fumée, offerte par un GI à la Libération. Être né en 1935, c’est mesurer la chance que l’on peut avoir de vivre dans un pays libre, semble-t-il dire avec cette cigarette. « Mon ambition a toujours été, dans un pays magnifique comme le nôtre, car il s’appuie sur l’écrit, la littérature, le théâtre, les arts plastiques et beaucoup moins sur la musique, qu’elle aille dans le quotidien des gens comme une nécessité de vie, une philosophie. Cette émotion qui est indicible, quand on a eu la chance d’y être associé, laisse chacun à parfaite égalité, le plus favorisé comme le plus démuni devant sa planète magique. »




























