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    Atelier pliage en milieu carcéral

    Atelier pliage en milieu carcéral

    Atelier pliage en milieu carcéral

    À la Maison d’arrêt des femmes de Versailles, l’artiste Dominique Ghesquière a animé durant quatre semaines un atelier pliage avec plusieurs femmes détenues. La restitution de cet atelier organisé par le SPIP des Yvelines et le centre d’art contemporain de l’Onde avec la Fondation a eu lieu le 15 juin dernier

    À quoi renvoie l’art du pliage ? Que dit-il des personnes ? Sur une proposition du centre d’art contemporain de l’Onde (Yvelines), Dominique Ghesquière a tenté au printemps dernier de donner une réponse en animant un atelier avec quatre détenues de la Maison d’arrêt des femmes de Versailles. À l’issue de ces séances aidant à l’expression de soi, une piste est possible : le pliage offre un autre regard, plus intime. De la même manière qu’il se révèle en se dépliant, il aide à dévoiler ce que les mots n’arrivent pas toujours à dire d’une personne qui peut dès lors se montrer au-delà de la perception, immédiate, contrainte et confinée, qu’on en a. C’est alors tout un monde qui se dévoile avec un parcours, un environnement, une histoire étouffée, ignorée, refoulée dans l’univers carcéral.

    Il y a deux ans, le centre de l’Onde était déjà intervenu en prison par le biais d’un travail d’apprentissage du dessin mené avec sept femmes de la maison d’arrêt des femmes de Versailles. Il consistait à aborder le dessin comme un moyen de reconquérir son espace, les limites de la feuille pouvant symboliser les limites de la cour. L’atelier avait été baptisé Dans les limites de ce qui nous reste comme espace. Là, il s’est agi de dresser un inventaire à la Prévert des objets qui manquent le plus aux personne détenues. Un arbre, un soleil, une maison… On est surpris de voir aussi noté un godemiché… Mais c’est cette solitude-là qu’il s’agit aussi de dire. Les participantes se sont emparées de la matière pour recréer leur monde intérieur avec du papier, de la colle, un petit cutter : des tomettes pour cette femme du sud ; une boîte avec un cœur trop gros pour le contenir pour cette femme séparée de sa fille ; des feuilles d’arbre pour cette autre femme qui en a tracé minutieusement chaque rainure. Une feuille se soulève et c’est un koala, une autre un singe, une autre une coccinelle, comme celle qui s’était posée un jour sur le goûter de l’enfant de cette femme au parloir. Il n’en avait jamais vu. Elle lui en a fait un véritable calendrier de l’Avent. Et ce sera aussi un jouet pour de prochaines visites. Les jouets, c’est aussi ce qui manque en prison.

    pliage

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    Dominique Ghesquiere

    Prevert

    Calendrier de l Avent




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