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    18e Conférence sur le sida

    18e Conférence sur le sida

    18e Conférence sur le sida

    La 18e Conférence internationale sur le sida qui s’est tenue, du 19 au 23 juillet à Vienne (Autriche), appelle à une mobilisation et à de nouvelles forces d’innovation en matière de financement au moment où se fait sentir un recul des investissements des États contre la maladie.

    La 18e Conférence sur le sida, qui a lieu tous les deux ans, s’est achevée vendredi 23 juillet dernier à Vienne sur un bilan mitigé : espoir, d’un côté, avec l’annonce de la mise au point d’un gel vaginal préventif incluant un antirétroviral. C’est la première fois que les femmes auront à disposition un outil de prévention qu’elles pourront contrôler ; et inquiétudes, d’autre part, avec une baisse constatée des financements internationaux contre la pandémie — le financement des programmes de lutte antisida dans les pays pauvres a reculé en 2009 à 7,6 milliards de dollars, contre 7,7 milliards en 2008, alors qu’entre 2002 et 2009 la progression était à deux chiffres d’une année sur l’autre.

    Aux 20 000 participants de la Conférence (chercheurs, experts, membres d’associations et malades), Michel Kazatchkine, directeur exécutif du Fonds mondial, a évoqué les besoins des pays pauvres : de 13 à 21 milliards de dollars pour 2011-2013. Rappelons qu’en 2008, sur les 33 millions de personnes atteintes du sida dans le monde, plus de 22 millions l’étaient en Afrique subsaharienne. Rappelons également que chaque année, 400 000 enfants naissent en Afrique avec le sida, alors que ce mode transmission est quasi éliminé dans le reste du monde ; un tiers de ces enfants mourra avant ses 1 an. « Si nous n’avons pas assez de fonds pour continuer à inclure de nouveaux malades, les nouveaux malades qui arriveront dans les cliniques, nous devrons leur dire “désolés, inscrivez votre nom sur la liste, et on vous appellera le jour où on aura des médicaments”. Et le jour où on les appellera, ils seront morts », déclarait Michel Kazatchkine.

    Le directeur du Fonds mondial a alors proposé des aides venant de pays émergents (Chine, Inde…) ainsi que des financements innovants, telles que des taxes sur les transactions financières. Un appel à la mobilisation qui intervient dans un contexte pourtant plutôt optimiste en matière de lutte contre la maladie. Comme le soulignait Michel Sidibé, le directeur de l’Onusida, dans un tchat accordé au journal Le Monde, « il y a plus de 5 millions de personnes sous traitement. C’est la première fois durant les vingt dernières années que nous voyons des progrès aussi rapides. Parallèlement, nous constatons une baisse des nouvelles infections de 17 %. » Et en matière de traitement, de nouvelles pistes laissent à espérer : une récente étude montre que placer les séropositifs sous trithérapie divise par deux le nombre de nouveaux cas d’infection au VIH, ce qui va dans le sens d’une utilisation des trithérapies pour réduire la transmission du VIH.

    À cette Conférence de Vienne, certains États ont aussi brillé par leur absence : aucun dirigeant d’Europe de l’Est, alors qu’on note une augmentation de 57 % des nouvelles infections dans cette partie du monde, expliqué notamment par une absence de services adéquats pour les toxicomanes. Des personnes qui, obligées de se cacher, sont plus exposées à l’épidémie. Ce qui a conduit plusieurs grands noms de la recherche et de la lutte contre le sida (Françoise Barré-Sinoussi, Prix Nobel de médecine et codécouvreuse du virus VIH, Brigitte Schmied, présidente de la Société internationale sur le sida) à publier, la veille de la Conférence, un Appel de Vienne, pour une réforme de la « guerre contre la drogue » afin d’éliminer « les obstacles à la mise en place de régimes efficaces de prévention, de traitement et de soins du VIH ».

    Une conférence qui a été également marquée par une grande marche pour le respect des droits de l’homme et leur application immédiate. En tête de cortège, cette banderole : « human rights now more than ever - aujourd’hui plus que jamais ». « Il y avait dans cette marche un élan, une ferveur et une énergie que je n’avais pas ressentis depuis la marche de Durban il y a dix ans », notait Michel Kazatchkine sur son blog. « Nous ne pourrons pas gagner la bataille contre le sida si nous n’attachons pas plus d’importance aux droits humains. Il nous faut faire beaucoup plus pour combattre l’inégalité des sexes et la violence contre les femmes et les filles, la violence domestique qui touche tant de femmes dans le monde. »

    Austria, Vienna. XVIII International AIDS Conference (AIDS 2010) Photo shows: Wish Tree with thoughts from the Eastern European and Central Asian community.  ©IAS/Marcus Rose/Workers' Photos

    Miche Sidibe

    Francoise Barre-Sinoussi


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